Ce que l'on en dit...Dans la presse
Nicole Guedj invitée de l'émission "En 3 mots".
10 juin 2008
Soir 3 : Solution d'urgence humanitaire.
23 mai 2008
Le blocage des autorités birmanes est peut être l’épilogue d’une crise qui a posé le problème grave d’un pays sinistré qui refuse l’aide internationale. Aucun pays, aucune organisation internationale n’a pu imposer son aide jusqu’à maintenant. La voie diplomatique a donc prévalu. Face à cette situation, des professionnels de l’urgence imaginent d’autres situations.
Pour des Casques Rouges à l'ONU. Par Nicole Guedj.
21 mai 2008

Pour Elizabeth Brichet 12 ans. Par Nicole Guedj.
21 avril 2008

Au moment où Michel Fourniret et sa complice Monique Olivier affrontent la justice devant la Cour d’Assises des Ardennes, mes pensées douloureuses vont aux familles des sept jeunes filles assassinées. Elles pourront peut être aussi entendre cette tribune en forme de message de soutien.
J’ai côtoyé l’horreur indicible en ce jour de juillet 2004 lorsque, dans mes nouvelles fonctions de Secrétaire d’Etat aux droits des victimes, j’ai accompagné la mère d’Elisabeth Brichet, 12 ans, dont les restes venaient d’être exhumés derrière une dépendance du château du Sautou dans les Ardennes, l’ancienne propriété du couple Fourniret.
Nous nous sommes approchées, seules, jusqu’à la bâche qui recouvrait l’excavation de la découverte macabre. La mère, Marie-Noëlle Bouzet avançait avec peine, écrasée par le poids de cette longue incertitude, cette attente émaillée de fol espoir, depuis la disparition de l’adolescente, en cette journée du 20 décembre 1989, près de Namur en Belgique.
J’ai pris la mesure de cette interminable torture, me demandant si la découverte des restes du petit corps serait une forme d’étrange soulagement, et le début d’un processus de deuil. Mais je sais aussi, par mon expérience d’avocat, que les familles des victimes sont tendues vers un impératif, celui que soit retrouvé le coupable, afin qu’il rende compte devant la Justice, si tant est qu’il coopère pour livrer la vérité.
Dans le parc, la tension était à la limite du supportable, qui ne pouvait être libérée que par le « Cri » long et bestial du désespoir. Marie-Noëlle Bouzet, qui avait imaginé le pire durant ces années et qui venait d’y être confrontée, a gardé toute sa dignité de femme, alors que passaient devant mes yeux des images atroces de vêtements déchirés, d’un corps disloqué comme une poupée de son, de plaintes et de sang. Je ne saurai jamais ce que vécut cette mère, mais l’étendue de mon propre désarroi m’en donnait une faible mesure. Lorsqu’elle se retourna, après quelques instants de recueillement qui me parurent une éternité, nos regards se croisèrent, et je ressentis l’irrésistible besoin de la toucher, comme pour lui dire qu’au-delà de cet enfer, elle faisait toujours partie de la communauté des humains. D’instinct j’entourais ses épaules de mes bras, et je sentis une brève pression de ses mains. Les gardiens de la propriété, têtes baissées, lui remirent une petite boite contenant un peu de cette terre maudite. Mais je savais qu’aucun geste de compassion ne pourra briser cette solitude absolue d’une mère. Il y a, au fond des yeux de Mme Bouzet, un regard accusateur, comme si nous portions tous une part de la responsabilité de ce drame.
C’est du reste ce que Marie-Noëlle Bouzet a dit ces derniers jours, devant la Cour d’Assises, lorsqu’elle s’en est pris à la Justice, exprimant le souhait que cette affaire puisse servir à « améliorer le système bien peu approprié à traiter ces gens là… ». Sa réaction a d’autant plus de poids que l’on su, par la suite, que sa fille avait été la quatrième victime, et qu’il y en eu trois autres après. Elle lançait, devant le président de la Cour : « Il y a de l’émotion dans le prétoire, et après ? Il y a bien d’autres Fourniret. Les enfants sont leur trésor de guerre, ils font des émules en prison, ils se nourrissent de leurs meurtres et de viols ». Au-delà de son propre chagrin, Mme Bouzet avait été, en octobre 1996, l’une des organisatrices de la Marche blanche en mémoire des enfants disparus, qui avait rassemblé plus de 300 000 manifestants à Bruxelles, après les crimes du pédophile belge Marc Dutrou. Pour cela aussi, je veux lui rendre hommage.
En ce jour de juillet 2004, dans ce parc du château de Sautou, j’ai partagé avec Marie-Noëlle Bouzet une révolte profonde contre ces prédateurs d’enfants, un impérieux besoin d’agir et une rage de vaincre.
J’ai alors décidé de transposer en France et en Europe le dispositif « AMBER ALERT », pour rechercher les enfants disparus, crée aux Etats-Unis en 1996 et au Québec en 2003. Je me suis rendue au Canada. J’y ai retrouvé Mme Bouzet.
Cette fois, c’était elle qui était à mes côtés, pour m’aider dans cette démarche.
C’est ainsi que j’ai initié le plan « ALERTE-ENLEVEMENT », en France. Les premières heures suivant la disparition sont décisives. Utilisé cinq fois, il a permis de sauver la vie de quatre enfants.
Cette procédure a incontestablement fait ses preuves et son extension à l’Europe est nécessaire. Il y a quelques mois, j’ai obtenu un accord de principe sur ce point, du commissaire européen, Franco Frattini.
Il est urgent d’aller plus vite et plus loin.
Cette rencontre avec Marie-Noëlle Bouzet, devant la fosse vide de sa fille Elisabeth Brichet n’a jamais quitté ma mémoire. Secrétaire d’Etat et ancien d’avocat, je fus un témoin pas comme les autres, en devoir d’agir. Cette rencontre, et bien d’autres, furent en fait mon douloureux aiguillon pour instaurer dans notre pays une politique publique globale en faveur des victimes.
Aujourd’hui, par ces lignes, je veux une fois encore, accompagner cette mère, pour l’encourager à revivre.
La politique humanitaire de Nicole Guedj.
20 janvier 2008
Cette femme-là est souvent présentée comme une femme politique.
C'est vrai ! Mais c'est surtout ce qui l'a rendue visible depuis les années 2000.
En 2000, Nicole Guedj a 45 ans et déjà une longue carrière de combattante, contre les discriminations et pour l’action humanitaire, quand elle croise la route de Jacques Chirac. Le président français fera d’elle - en 2004 - sa secrétaire d’Etat aux Droits des victimes.
Aujourd’hui, à 52 ans, la Constantinoise brûle toute son énergie dans la création de "casque rouges", les frères humanitaires des "casques bleus". L’ONU en a accepté le principe, prête donc à mettre en mettre en place une force capable de réagir à l’urence de crises humanitaires ou de catastrophes naturelles. Reste à la rendre concrète. Active. En attendant, la conseillère régionale d’Île-de-France veille à fréquenter les enceintes politiques parce qu’elle sait qu’on ne réussit rien seul.
Batailler. Nicole Guedj n’en aura jamais terminé : batailles humanistes ou hmanitaires. Batailles au sein d’institutions juives aussi. Cette ancienne avocate qui n’aura finalement jamais cessé de plaider, pense même remettre tôt ou tard sa robe noire !
Tchad : Nicole Guedj fait le bilan de la situation des 240 000 réfugiés.
3 décembre 2007

Emergesat à Abéché.
7 décembre 2007
Mission humanitaire au Tchad.
25 novembre 2007
La semaine de la Solidarité internationale s'achève aujourd'hui. Une semaine destinée à faire prendre conscience a public de l'enjeu de cette solidarité pour l'ensemble de la planète. A cette occasion, nous vous faisons découvrir ce nouvel outil expérimenté à l'Est du Tchad par le Haut Commissariat aux Réfugiés. Une sorte de « kit humanitaire » de télécommunications par satellites.
Le conteneur humanitaire de Nicole Guedj.
22 novembre 2007
Tchad: après la crise, l'humanitaire continue.
17 novembre 2007

La Fondation Casques rouges, imaginée par Nicole Guedj, livre aujourd'hui son premier conteneur Emergesat, un bijou technologique pour sauver des vies. Entretien avec l'ex-secrétaire d'Etat aux droits des victimes.
Emergesat – c’est son nom – est un conteneur humanitaire de télécommunications et d’échanges d’informations par satellite en même temps qu’un mini-hôpital de campagne permettant d’agir de manière optimale dans les grandes catastrophes (tsunamis, tremblements de terre). Ce premier exemplaire, acheminé jusqu’au Tchad par le ministère de la Défense, qui prend aussi en charge le transport des représentants de la Fondation Casques rouges, sera installé en début de semaine, à titre expérimental, dans le camp de réfugiés de Farchana.
La Fondation a déjà fait l’acquisition d’un deuxième exemplaire qui sera mis à la disposition permanente du gouvernement français et de la délégation à l’action humanitaire du Quai d’Orsay pour être déployé n’importe où dans le monde en cas de sinistre de grande ampleur.
Nicole Guedj – Cela fait bientôt quinze ans que je préconise la mise en place d’une force d’intervention de l’ONU destinée à coordonner, dans l’urgence, l’action humanitaire en période de crise, que j’ai baptisée Casques rouges, frères humanitaires des Casques bleus. Lorsque j’étais au gouvernement, j’ai fait adopter ce projet en Conseil des ministres, en septembre 2004, et convaincu le président Chirac, après le tsunami, de faire cette proposition à l’ONU au nom de la France. Kofi Annan a accepté cette idée et m’a envoyé ses équipes de travail, notamment Mme Adinolfi à qui j’ai remis mes notes. Notre proposition est actuellement en chantier à l’ONU et l’objectif de ma fondation est notamment de s’assurer que cette force verra le jour rapidement pour répondre aux exigences humanitaires actuelles.
Que va apporter cet appareil ?
Il transporte une antenne satellite qui permet de rétablir un réseau de communication locale et d’échanger des données entre les différents acteurs humanitaires présents sur le terrain. C’est fondamental, car dans toutes les grandes catastrophes, les systèmes de communication sont détruits. Or les humanitaires doivent impérativement se coordonner pour optimiser leur action. Emergesat dispose également de logiciels qui permettent d’utiliser les technologies d’observation de la Terre pour avoir une vision de la configuration d’un terrain, situer les victimes ou les colonnes de réfugiés qui se déplacent et évaluer les risques d’épidémies. Il transporte des outils de télémédecine et d’analyse de l’eau fournis par Veolia, qui a rejoint notre projet. J’ai moi-même imaginé et dessiné ce conteneur. Le Cnes et Thales Alenia Space en ont assuré la fabrication.
Pourquoi le Tchad ?
Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, avec qui nous menons cette expérimentation, a jugé utile d’utiliser Emergesat à la frontière tchadosoudanaise, pour appuyer son personnel dans la gestion des réfugiés en provenance du Darfour. J’ai donc signé avec Antonio Guterres, responsable du UNHCR, une convention de partenariat à Genève, en juillet dernier, bien antérieurement à l’opération de L’Arche de Zoé. Je ne peux pas me prononcer sur les responsabilités des uns et des autres dans cette affaire, mais il ne faut justement pas qu’elle gâche la force et l’ampleur de l’engagement humanitaire qui trouve ses fondements dans des valeurs intangibles et universelles comme le sont les droits de l’homme. Il faut rappeler que l’action humanitaire est avant tout une œuvre d’assistance à personne en danger. C’est la prévention et l’allègement de la souffrance des victimes qui est en jeu, et ces victimes sont au cœur de mes préoccupations.
Aron Lustiger : Izkor.Par Nicole Guedj.
Août 2007

« Priez pour moi », c’est ce que me demandait Aaron Jean-Marie Lustiger, quelques semaines avant sa mort, alors que, sur son lit de douleur dans un établissement de soins palliatifs, je lui exprimais par téléphone mon amitié, mon admiration mon affection et mon affliction.
Le 5 août, à l’annonce de sa disparition, je pris la résolution d’exaucer à nouveau sa supplique en célébrant, du fond du cœur, son « Drache du mois ». Ce que je fais par ces lignes.
J’y suis d’autant plus fondée que j’appris que, par volonté testamentaire le « Kaddish » et le Psaume 112 furent récités en hébreu, le jour de ses obsèques, devant le catafalque sur lequel était déposée une poignée de terre d’Israël. Faits exceptionnels et probablement uniques dans l’histoire passée et à venir des relations judéo-chrétiennes, ce fut sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
C’est pour évoquer sa mémoire que je me réfère à la prière de « Izkor », en insistant tout particulièrement sur la strophe : « Le souvenir est chose généreuse. Il nous fait nous détacher de nos préoccupations personnelles, il nous emporte par-delà les griefs, les impatiences et les étroitesses, et nous fait entrer dans la dignité de l’esprit ».
J’ai croisé le chemin du Cardinal Lustiger à maintes reprises, au cours des dernières années, tissant entre nous des liens privilégiés.
Je me souviens (Izkor) avoir été à ses côtes, en janvier 2005, lors des cérémonies du 60 ème. anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, en Pologne où naquirent ses parents, et où sa mère fut déportée et mourut en 1943, après avoir été internée à Drancy. Moments de recueillement silencieux d’une telle intensité dans ses yeux, sur son visage, sur ses épaules qu’elle est indicible, comme l’est la Shoah. Dans l’avion de retour vers Paris, j’eue le privilège d’un long monologue – une sorte de confession spontanée- au cours duquel il invoqua avec une émotion retenue le souvenir de sa mère, ses origines juives , et son parcours d’homme . J’étais bouleversée par cette destinée d’exception, unique dans l’histoire judéo-chrétienne.
Je me souviens (Izkor) de sa détermination à promouvoir de nouvelles relations judéo-chrétiennes, de même que le dialogue entre les religions monothéistes. Après la profanation d’un cimetière juif en Alsace, il accepta de participer à une cérémonie aux côtes du Grand rabbin de France et du Recteur de la Mosquée de Paris. Il partageait ma conviction que, s’il existe des relations solides entre responsables communautaires institutionnels, il est désormais impératif d’y associer nos concitoyens, y compris depuis le plus jeune âge. C’est de là que je pris l’initiative d’une exposition artistique à la Mosquée de Paris, consacrée aux signes religieux de trois grandes religions.
Je me souviens (Izkor) de son engagement en faveur des Droits de l’homme et de l’action humanitaire. Je le rencontrais régulièrement aux assemblées plénières de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), dont il était un membre très actif depuis de nombreuses années, et jusqu’aux derniers jours. Il y trouvait naturellement sa place lorsqu’il m’expliquait, de sa voix altérée par la maladie, mais portant au plus profond, que les valeurs des Droits de l’homme de 1789 et de 1948 étaient parfaitement compatibles avec celles des Evangiles et de l’Ancien Testament. Quelques mois avant son hospitalisation il accepta avec enthousiasme de parrainer la Fondation humanitaire « Casques Rouges » que je créais.
Les souvenirs nombreux et émus m’assaillent. Je me souviens de cette sentence du Izkor :« La vraie mort, c’est l’oubli ».







